Dysplasie du coude

Chez le chien, la dysplasie ne concerne pas que la hanche, mais peut aussi toucher le coude. Le diagnostic s’effectue comme pour la hanche à l’aide de radiographies. Trois formes de maladies peuvent concerner le coude. 

Qu’est-ce que la dysplasie du coude ?
La dysplasie du coude est une des affections orthopédiques du jeune parmi les plus courantes chez les grandes races. Les symptômes apparaissent généralement entre 4 et 7 mois mais leur expression parfois fruste initialement peut conduire à un dépistage plus tardif.
La maladie est la résultante du développement anormal du coude, ce qui entraîne des malformations au niveau de cette articulation. Les lésions conduisent à terme à une arthrose du coude qui se caractérise par la destruction lente et progressive du cartilage articulaire et est douloureuse et plus ou moins invalidante.
La dysplasie du coude est une affection qui se déclenche au cours de la croissance du chiot même si elle peut se manifester plus tardivement.

Trois maladies atteignant le coude des chiens sont ainsi classées sous le terme général de dysplasie du coude puisque toutes aboutissent à une arthrose secondaire. 

La non-union du processus anconé se voit principalement chez les chiens de grandes races. Il s’agit d’une fracture qui est sans doute le résultat d’un déséquilibre biomécanique des forces et des mouvements du coude pendant une phase de croissance rapide et provoque l’instabilité du coude. 

Ceci entraîne une boiterie qui se développe insidieusement entre 4 et 8 mois, voire plus tard, et le développement d’une arthrose. 

Un seul ou les deux coudes peuvent être atteints.



La non-union de l’apophyse coronoïde médiale est elle aussi responsable d’apparition d’arthrose du coude.

L’épicondyle huméral médial non-soudé est la troisième forme de dysplasie du coude. La maladie se rencontre chez les jeunes chiens (6 à 8 mois) de grande race. Elle provoque une douleur à la flexion du coude ou à sa palpation. Elle s’accompagne d’une tuméfaction de la zone concernée.

Y a-t-il des facteurs de risque ?
Plusieurs facteurs de risques sont reliés à la dysplasie du coude : races de grand et moyen format (labrador, berger allemand, rottweiler, golden retriever, bouvier bernois…), races « bassets » (teckel, basset hound), alimentation trop riche au cours de la croissance, croissance trop rapide, traumatismes au cours de la croissance…
Même si l’étiologie semble être multifactorielle, la composante génétique est fréquemment citée d’où l’intérêt du dépistage de la maladie chez les reproducteurs.

Comment se manifeste-t-elle ?
Cliniquement, la dysplasie du coude se traduit par une boiterie d’un ou des deux antérieurs. Cette boiterie est intermittente, souvent aggravée par l’exercice, le repos prolongé et le froid. Les symptômes peuvent apparaître à n’importe quel âge.

Comment la dépister ?
Le signe d’appel d’une dysplasie du coude est l’apparition d’une boiterie au niveau des antérieurs.
Le diagnostic définitif de l’affection passe par la réalisation d’une radiographie. La confirmation peut nécessiter d’autres examens complémentaires et notamment le recours à l’imagerie de pointe (IRM, scanner).

Quels sont les traitements disponibles ?
La gestion d’un chien présentant une dysplasie du coude comprend deux volets : sanitaire et médical.
Le traitement médical peut passer par une intervention chirurgicale, pour limiter l’évolution arthrosique. Dans certains cas, des médicaments (chondroprotecteurs, anti-inflammatoires) seront suffisants pour protéger le cartilage articulaire et réduire l’inflammation.
La gestion sanitaire passe par une alimentation adaptée (perte de poids pour réduire les contraintes sur l’articulation), le repos puis la reprise progressive d’un programme d’exercices modérés.
L’acte chirurgical, tout comme le traitement médical, ne permettent pas de guérir l’arthrose déjà présente. C’est pourquoi il est important d’intervenir précocement, avant l’apparition des lésions. Le cas échéant, la boiterie risque de persister...).

Traitement chirurgical

La maladie du compartiment médial peut être une conséquence de la FPCM, de l'OCD et de l'IA. Tout le compartiment médial de l'articulation subit les répercussions de ces différentes entités (qu'elle soit constatée seule ou qu'elles soient concomittantes) et les lésions cartilagineuses peuvent être très importante dans certains cas, allant jusqu'à une mise à nu totale de l'os sous-chondral.

Il est important de souligner que même une articulation correctement traitée (par athroscopie ou arthrotomie) peut continuer à dégénérer et développer de l'arthrose avec le temps. Le but de la chirurgie étant de minimiser les conséquences de la dysplasie. Mais dans tous les cas, les conséquences sont moins importantes que si aucune intervention n'avait été réalisée. Les chiens dysplasiques du coude seront suivis radiologiquement régulièrement et des traitements complémentaires peuvent être administrés si nécessaire (chondroprotecteurs, AINS, analgésiques, LASER, PRP

 

NB Choix du chiot : demander la radiographie des parents

La dysplasie, qu’elle soit du coude comme de la hanche, est en partie héréditaire. Il est en effet désormais démontré que des facteurs externes (alimentation, exercices, etc.) peuvent joue un rôle dans l’apparition ou l’aggravation de ces pathologies. 

Comme toutes maladies héréditaires, donc « déclarées » avant la souscription d’un contrat d’assurance santé chien, les frais vétérinaires inhérents entrent dans le cadre des exclusions.

D’où l’importance lors de l’acquisition d’un chiot de demander la radiographie des géniteurs (père et mère du chiot) afin de s’assurer que les parents sont indemnes. Les éleveurs, sensibilisés à ce problème, sont ,ombreux à faire pratiquer ces tests de leurs géniteurs.